Work-Life

Univers-guide et corps-messager. C’est par ici!

Il y a deux semaines, mon corps m’a envoyé un signe on ne peut plus clair quant à mes intentions et aux démarches que j’entreprenais depuis notre retour anticipé du Mexique. Au vu de ce qui nous attendait ici, on avait en effet décidé qu’il serait mieux de nous poser un certain temps avant de redécoller où que ce soit. L’univers nous a guidés sur le chemin du retour, et il n’a pas tardé à nous faire découvrir ses raisons. 

Après la rage de dents de Andy (qui s’est totalement résorbée après quelques jours sur le sol belge, sans devoir extraire aucune dent, au final…), c’était à mon tour de prendre des antibiotiques en urgence afin d’éradiquer un staphylocoque doré découvert après une prise de sang. Optimistes, on se disait qu’on repartirait aussitôt le traitement terminé. Et voilà que la famille d’accueil de notre chat nous annonce qu’elle se voit dans l’obligation de nous le rendre plus tôt que prévu. Vu la difficulté qu’on avait eu à trouver une famille d’accueil pour Aslan en notre absence, les plans de voyage commencèrent lentement à s’estomper. S’en suivit la nouvelle d’une fuite d’eau dans mon appartement à Bruxelles, à laquelle s’est rapidement ajoutée une soudaine et violente dégradation de l’état de santé de notre jument (qu’on avait placée en manège pendant notre absence). Aux coups de téléphone aux plombiers et locataires s’ajoutèrent ainsi des aller-retours quotidiens chez EquiTom, clinique où la jument s’était faite hospitaliser en urgence pendant cinq interminables semaines de peurs et de doutes.

OK univers, on a compris. Tu peux arrêter de nous en balancer – on va se poser. Me voilà donc lancée dans la recherche d’emploi en vue de reprendre un rythme sain et stimulant. Fidèle à lui-même, mon ego flash directement sur une annonce de chargée en communication chez la British School Brussels. Une école privée, située à Tervuren (à une heure donc de chez la famille de Andy où nous logeons temporairement), avec des installations et un programme scolaire unique en Europe. ça claque! 

Me voilà donc embarquée pour ma matinée d’entretiens à Tervuren. Le programme s’annonçait long et challenging: accueil à 8h, suivi d’un exercice pratique, d’un interview, un exercice écrit, une présentation RH, une mise en situation (observation) avec tous les candidats et un déjeuner avec d’autres ‘collègues’. 
Je m’étais levée à 5h30 du matin pour être à l’heure pour 8h. Pas de petit déjeuner (qui a faim à cette heure-là?!), rien à manger jusqu’à l’heure du déjeuner prévu à 13h. Inutile de dire que les maux de tête commencèrent à s’annoncer vers 11h, malgré les verres d’eau et de thé que je m’efforçais de prendre à intervalles réguliers. 
Tendue et fatiguée de tous ces entretiens, je sentais que quelque chose n’allait pas. Mon corps me faisait sentir comme un décalage, un conflit interne, mais je n’arrivais pas encore à mettre le doigts dessus. Malheureusement le programme de la journée n’était pas encore fini: une fois libérée de la British School, me voilà en route pour Seneffe, puis direction Bruxelles pour une réunion de copropriété à 19h. Retour à la maison vers 23h30, après une grosse heure de route sous une pluie violente.

Résultat des courses: le lendemain j’émerge avec une énorme migraine après 13 heures d’état semi comateux. J’arrive à peine à ouvrir les yeux, les semblants de rayons de soleil provoquant une douleur lancinante dans ma tête. J’essaie tant bien que mal de me forcer à manger un minimum, malgré la nausée qui me retourne l’estomac. Je quitte la table avec effort pour me recoucher dans le canapé quelques mètres plus loin. De toute évidence, je ne serai bonne à rien aujourd’hui, donc autant prendre soin de moi et me remettre au plus vite. 

Grand dictionnaire des malaises et des maladies (Jacques Martel)

Entre deux crises, un élan de motivation et de lucidité: que signifie la migraine d’un point de vue émotionnel? Cela m’aidera probablement à y voir plus clair. Et là, tout s’éclaircit grâce à deux phrases qui font tilt: 

“Ce sont des angoisses, de la frustration face à une situation où je suis incapable de prendre une décision. La migraine apparaît souvent après avoir reçu une contrariété, ou un changement dans mon rythme de vie impliquant une difficulté d’adaptation (comme la migraine du week-end). La pression peut venir de mon désir de d’être hyper responsable et/ou performant, surtout au travail. Il y a conflit entre mes pensées, mon intellect qui est surchargé, mes besoins et mes désirs personnels. Je m’en veux (migr-haine)”.

Oui, je m’en voulais. Je m’en voulais d’avoir laissé mon égo prendre le dessus après tout ce que j’avais vécu auparavant. De m’avoir laissé convoiter un poste dans une institution renommée alors qu’il aurait clairement été au détriment de ce qui m’est le plus cher au monde: ma relation avec Andy. C’était écrit d’avance. Deux heures de trajet par jour allaient me tuer à petit feu, tout comme ça avait été le cas avec mon poste chez Dow Corning. Mais je ne voulais pas voir. Je me pensais toujours cette femme ambitieuse capable de se cacher derrière une armure dissimulant ses faiblesses et ses désirs, capable de faire fi de son corps et de ses messages. 

Merci à la British School de m’avoir fait comprendre que ces temps sont révolus. Post-Mexique, la Belgique accueille à présent une autre Ana, plus sereine, plus douce avec elle-même, plus en harmonie avec qui elle est et ce qu’elle recherche en son passage sur terre. Une Ana qui a revu ses priorités de vie, qui ne se définit plus à 100% par son travail, qui a gagné en amour propre et en confiance. Qui sait qui elle est et qui en a marre de prétendre autrement pour satisfaire qui que ce soit. Une Ana qui ose dire merde!

Mes critères de recherche et mes objectifs pour 2020 sont clairs, mon égo ne m’aura pas deux fois. C’est parti pour une année sous le signe d’un meilleur équilibre travail-vie privée et surtout de projets (hors boulot) qui me font vibrer, grandir, avancer. Pourquoi s’infliger inutilement tant de souffrance alors que le chemin peut être si simple, si limpide? 

Soyez HEUREUX, voilà ce que je vous souhaite en cette nouvelle année. Car au final, c’est tout ce qui compte. 

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